• Une toute petite mélodie

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    La grâce, la grâce est une femme, une toute jeune femme. Je traversais une place quand elle m’est apparue. Cheveux pris dans une coiffe noire, une vague de fleurs sur une robe bleu nuit, une robe comme une caresse, effleurant à peine les courbes du corps.

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    Emboîter son pas. Suivre la grâce, s’accorder à son rythme. Sa marche est une danse, les fleurs de sa robe s’envolent et me frôlent. La suivre encore. C’est un jour d’été chaud, très chaud. La coiffe noire veut éloigner le soleil, les fleurs jouer avec lui. Etrange combat. La suivre, ne pas l’approcher, pas encore.

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    Deviner, essayer de deviner ses traits. La suivre. De plus en plus près. Regard de convoitise d’un homme qui passe. La grâce semble absente à ce monde. Absente aux hommes, absente à mon pas derrière le sien. Elle poursuit son ballet entre terre et ciel.

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    La grâce est longue, fine, mince, un roseau sous la caresse du vent. Les fleurs de sa robe se prosternent jusqu’à ses pieds. La même brume fleurie épouse ses bras. La robe semble sortie d’un conte. Une robe de fée.

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    La grâce fait une halte au croisement d’une rue. Je m’arrête à ses côtés. J’échange avec elle quelques mots. Quelques mots aussi doux que sa voix. Sa voix est une toute petite mélodie, un chant à peine audible. Son visage est de porcelaine, ses yeux deux lacs limpides. La coiffe noire parfait la beauté de ses traits. La grâce sourit en me dévisageant, son sourire a l’éclat de la lune. 

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    Cette jeune femme égarée au milieu de la ville dans sa longue robe de fée existe-t-elle vraiment ? Oui, j’entends la petite mélodie de sa voix, je vois son portable, un peu de ce monde au creux de sa main. Il ne faut pas approcher trop près la grâce. La laisser partir dans sa robe de fleurs comme on laisse partir un rêve au réveil malgré soi.

    La voix de la grâce est une toute petite mélodie.

    « Comment vous appelez-vous ? »

    « Élodie » me répond-elle…

     

    © Claire-Lise Coux

     

     

     

    (Lyon, 8 août 2018 - Merci Élodie !)

     

     


  • Commentaires

    1
    Samedi 11 Août à 14:26

    La mélodie de ces mots est très jolie...<3

    2
    Samedi 11 Août à 18:23
    Merci beaucoup Elfine !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :