• Un poème de Marina Tsvétaïéva

    Un poème de Marina Tsvétaïéva

     

    « Je le sais, je mourrai au crépuscule, ou le matin ou le soir !
    Auquel des deux, avec lequel des deux – ça ne se commande pas !

    Ô s’il était possible que mon flambeau s’éteigne deux fois ! 

     Je suis passée sur terre d’un pas de danse ! – Fille du ciel !

    Un tablier plein de roses ! – Sans écraser de jeunes pousses ! 

     Je le sais, je mourrai au crépuscule, ou le matin ou le soir !

    Dieu n’enverra pas une nuit d’épervier pour mon âme de cygne ! 

     D’une main douce, j’écarterai la croix sans l’embrasser,

    Je m’élancerai dans le ciel généreux pour un dernier salut,
    La faille du crépuscule, ou le matin ou le soir – et la coupure du sourire…  
    Car même dans le dernier hoquet je resterai poète ! »
     

     

    in Marina Tsvétaïéva, l’Offense lyrique, traduction Henri Deluy, Fourbis, p. 113, 1992

    Poème daté de décembre 1920 et tiré du recueil Le Camp des Cygnes 

     


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