• Rosemonde Gérard

    Rosemonde Gérard (1866-1953)

    Elle est la petite-fille du comte Étienne Maurice Gérard, héros de Wagram. Orpheline de père, son parrain est le poète Leconte de Lisle et son tuteur Alexandre Dumas. 

    Son prénom de scène, Rosemonde, lui vient de sa grand-mère, Rosemonde de Valence, fille du comte de Valence et épouse du maréchal Gérard. Mais Rosemonde fut plus poète qu'actrice de théâtre. Dans son ascendance, elle comptait aussi la célèbre femme de lettres, Mme de Genlis, née en 1746. 

    Le 8 avril 1890, elle épouse Edmond Rostand à Paris. Elle fut avec bonheur l’âme d’une jeunesse chantante, donnant confiance à Edmond Rostand et rivalisant avec lui dans le dessein de l’encourager. Pour se convaincre de son rôle bénéfique, il suffit d’ouvrir son recueil de poèmes «Les Pipeaux » et de le feuilleter quelques instants. La nature y est tout entière présente. 

    Si elle n'avait pas épousé Edmond Rostand, elle aurait pu connaître la célébrité mais celle de son mari éclipsa la sienne. Rosemonde ne sembla pas souffrir de cette situation, toute dévouée à l'art et à la gloire de son mari. 

     

    La première feuille d'automne

    La première feuille d’automne
    Est la moins légère à porter
    Pour l’arbre vert qui s’en étonne
    Et l’air bleu qui la sent tomber.

    Malgré le mal qu’elle se donne
    Pour garder sa légèreté,
    La première feuille d’automne
    Est la moins légère à porter.

    Quel est ce vol qui tourbillonne ?
    Est-ce, à notre front de clarté,
    Le dernier papillon d’été ?
    Ou, sur notre âme qui frissonne,
    La première feuille d’automne ?

     (Les Pipeaux, 1889)

    Le dernier papillon

    Quand ne chante plus le grillon
    Et qu’on est avant dans l’automne,
    Quelque matin gris l’on s’étonne
    De voir un dernier papillon.

    Plus d’or, d’azur, de vermillon ;
    Son coloris est monotone ;
    La cendre dont il se festonne
    Se mêle au sable du sillon.

    D’où vient-il ?… et par quelle porte ?…
    Est-ce, parmi la feuille morte,
    Le seul des papillons vivants ?

    Ou, parmi la neige vivante,
    La petite ombre transparente
    D’un papillon mort au printemps ?

     (Les Pipeaux, 1889)

     Dernière chanson

    Il faut bien peu de chose
    Pour travailler :
    Une plume, une rose,
    Un encrier,
    Un rêve qui se pose
    Sur le papier…
    Il faut bien peu de chose
    Pour travailler !

    Il faut bien peu de chose
    Pour voyager :
    Un ciel, un oiseau rose,
    Un oranger,
    Un lac où l’on suppose
    Qu’il va neiger…
    Il faut bien peu de chose
    Pour voyager !

    Il faut bien peu de chose
    Pour s’adorer :
    Un jour un peu plus rose,
    Un soir doré,
    Un serment qui se pose
    Sur un baiser…
    Il faut bien peu de chose
    Pour s’adorer !

    Il faut beaucoup de choses
    Pour oublier :
    Beaucoup de printemps roses,
    Beaucoup d’étés,
    Un air qu’on se compose
    Un cœur broyé…
    Il faut beaucoup de choses
    Pour oublier !

     (Rien que des chansons, 1939)

    Rosemonde Gérard

    Peinture de Konstantin Makovsky


  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Septembre à 16:58

    En lisant ces jolis vers, mon coeur devient plus léger !

    2
    Vendredi 15 Septembre à 18:11

    J'en suis ravie Elfine, je te souhaite un soir doré, aussi léger qu'une feuille d'automne.  

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