• Les archives du cœur de C. Boltansky

    Le conservatoire des battements de cœur sur l'île de Teshima

    Les archives du cœur de C. Boltansky

     

    Les archives du cœur de Christian Boltanski sur l'île de Teshima au Japon

    Mémoire, absence, temps, mort… voilà ce qui terrorise et dynamise l’artiste Christian Boltanski.

    En 2005, commence son travail sur le cœur. Souvenir des hommes, l’enregistrement des battements de cœur sera pour lui une manière de traiter la mémoire, l’absence. Son geste artistique nous invite à réfléchir à la condition mortelle de l'homme mais également à ressentir et à éprouver la frontière entre absence et présence.

    Les archives du cœur sont conservées dans une bibliothèque sur l’île japonaise de Teshima. Deux avions, une voiture, deux bateaux sont nécessaires pour aller les consulter.

     

    Pour Christian Boltanski :

    « Plus on montre la présence de quelqu’un par un nom, un battement de cœur, une vieille photographie, un vêtement usagé, plus on montre son absence. En montrant l’absence, je dis :  il y a eu. […]. Chacun de nous est très important par son unicité et en même temps extrêmement vulnérable.  Après deux générations, nous sommes tous oubliés. Une partie de mon activité est d’essayer de préserver la vie de chaque être humain. »

    C'est de « la petite mémoire » et non de « la grande mémoire préservée dans les livres » dont il s'agit, « cette petite mémoire qui forme notre singularité, extrêmement fragile, et qui disparaît avec la mort ».

     

     


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  • Un poème de Marina Tsvétaïéva

     

    « Je le sais, je mourrai au crépuscule, ou le matin ou le soir !
    Auquel des deux, avec lequel des deux – ça ne se commande pas !

    Ô s’il était possible que mon flambeau s’éteigne deux fois ! 

     Je suis passée sur terre d’un pas de danse ! – Fille du ciel !

    Un tablier plein de roses ! – Sans écraser de jeunes pousses ! 

     Je le sais, je mourrai au crépuscule, ou le matin ou le soir !

    Dieu n’enverra pas une nuit d’épervier pour mon âme de cygne ! 

     D’une main douce, j’écarterai la croix sans l’embrasser,

    Je m’élancerai dans le ciel généreux pour un dernier salut,
    La faille du crépuscule, ou le matin ou le soir – et la coupure du sourire…  
    Car même dans le dernier hoquet je resterai poète ! »
     

     

    in Marina Tsvétaïéva, l’Offense lyrique, traduction Henri Deluy, Fourbis, p. 113, 1992

    Poème daté de décembre 1920 et tiré du recueil Le Camp des Cygnes 

     


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  • Haïku de Soseki

    « Mon amour a la couleur de la nuit
    Couleur des ténèbres
    Que vient visiter la lune »
     

     

    Natsume Soseki
    Haikus, Philippe Picquier 2001, traduction Elisabeth Suetsugu

     


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  • Géopoésie de Martin Wable (extraits)

    « J'aime les poèmes qui parlent de roche et d'eau, de vent et de fleurs. Car le poème est, à tous les degrés de son incarnation, le meilleur lieu, le meilleur moment pour sentir l'intransigeance d'un caillou, la subtilité d'un mince courant d'eau. C'est un lieu au calme, à l'abri du grand monde qui au-delà s'étend. »

    ***********

    « J’'ai rêvé d'écrire une poésie qui parle de graviers au soleil. Le silence ne serait rompu que par d'énigmatiques instants : des hommes réels ou encore, rien de précis, des colorations de la lumière. Une poésie où l'on revient plus que d'où l'on fuit. »

     

    Martin Wable, Géopoésie

    Illustration : Robert Kipniss


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  • "Des falaises" de Mélanie Leblanc (extraits)

     jamais le coeur si grand
    qu'en haut d'une falaise

    la place pour qu'il s'étende
    ouvre son ciel

    plein soleil
    plein vent

    être à soi à l'autre
    au monde

    pleinement 

     *******

      tout devient petit quand on grandit
     tout

     sauf le ciel
     la mer
     et la falaise 

      *******

     accueillir 
     ce qui falaise en nous

    les fissures
    le fragile

     et cet élan vers le ciel 

     

    Mélanie Leblanc

    "Des falaises", Cheyne Editeur, 2016

     

    Photo : Philip Plisson


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