• François Cheng

     

    Mais l'oiseau point d'empreinte
    Ne laisse. Son empreinte est
    Son vol même. Nulle trace
    Autre que l'instant-lieu,
    Joie du pur avènement :

    Lieu deux ailes qui s'ouvrent,

    Instant un coeur qui bat.

     

    François Cheng (Quand les âmes se font chant)

     

     Photo : Bernard Plossu

     


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  •  Je t'écris

    Je t'écris (gogyöshi)

     

    C'est une nuit

    D'herbes parfumées

    J'ai noué des lys d'or

    À mes poignets

    Sous la lune, je t'écris.

     

    Claire Lise Coux

    Tous droits réservés

     

    Photo : Ivan Huang 


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  •  

    Vivre, c'est une poussière d'or au bout des doigts, une chanson bleue aux lèvres d'une nourrice, le livre du clavier tempéré de Bach qui s'ouvre à l'envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre. Vivre, c'est aller faire ses courses et croiser un ange qui ne sait pas son nom, ouvrir un livre et se trouver soudain dans une forêt au pied de vitraux vert émeraude, regarder par la fenêtre et voir passer les disparus, les trop sensibles. Vivre est un trapèze. Les dogmes et les savoirs sont des filets qui amortissent la chute. La grâce est plus grande sans eux.

     

    Christian Bobin

    "La lenteur qui fleurit", Le Monde des religions, 1/9/2011

      


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  • Un poème de Wen T'ing-Yun (818-872)

    Pluie printanière, abondante : 

    La berge se teint de vert tendre.

    Frôlant les saules, arrive un couple de hérons : 

    Bains et ébats, dans la lumière nue...

     

    Rideaux d'azur haut enroulés,

    Balustrades aux méandres sans fin.

    Nuages épars sur l'eau, arbres à la brume mêlés :

    Cœur minuscule, pensée infinie.

     

     Wen T'ing-Yun (Chine)

     

    Peinture : Sabre Esler 

     


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  •  

    « il marche il vole il court oui
    mais son désir terriblement est à l'ancre
    ah comme jamais l'homme est clos !
    il n'en veut qu'à ce qui se possède
    il ne sait plus que tenir c'est renoncer

      

    l'époque a trop de gestes or
    quand l'arbre a trop de branches
    la sève s'y égare
    quand l'homme a trop de mains
    l'âme y manque »

     

    Jean-Pierre Siméon, Levez-vous du tombeau

     


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