• Ondine VALMORE

     

    Ondine VALMORE (1821-1853)

     

    Tout intrigue chez la fille de Marceline DESBORDES-VALMORE. L'antiféminisme de cette femme volontaire et dynamique est pour le moins curieux. En dépit de sa brillante réussite, elle devient inspectrice des pensionnats de jeunes filles de la Seine en 1848, Ondine VALMORE souhaitait qu'on votât une loi pour empêcher les femmes d'écrire des livres. Ses poèmes n'ont paru qu'en 1932. Il est curieux aussi qu'aimant sa mère, cet "ange de fer" ne se soit jamais entendu avec elle. Il est vrai que leurs caractères sont très différents. Marceline est expansive, sa fille très réservée. Marceline est peu cultivée, Ondine se passionne pour les sciences, les langues et la littérature. Marceline a du catholicisme une conception très souple alors que sa fille s'attache étroitement aux dogmes. Leur seul trait commun est l'amour de la poésie. Celle d'Ondine témoigne d'un mysticisme fiévreux et d'une hâte nerveuse à jouir de l'existence qu'explique peut-être un pressentiment de sa mort prochaine. En lisant ses poèmes, on est à la fois enchanté et attristé par des rires frais et une voix grave qui semble se détacher du monde. On ne peut que regretter que la courte vie d'Ondine n'ait pu lui laisser le temps de mûrir ses talents. 

     

     

    Anniversaire

     

    Merci, mère, merci pour mon jour de naissance,

    Où ta prière à Dieu m'apprend à le bénir !

    Merci pour mon passé, pour ma jeune espérance,

    Pour tes yeux, deux soleils de mon pur avenir !

    Si j'y suis, faible encor, comme au jour où mon âme

    S'exhala de la tienne en saluant le jour,

    Je viendrai comme alors cacher, enfant ou femme,

    Mon sourire et mes pleurs au fond de ton amour ;

    Si le ciel t'exauçait pour ma paisible vie,

    Ô mère, sur ton bras, j'appuierais mon bonheur ;

    Et si, dans l'avenir, la paix m'était ravie,

    Je la retrouverais en priant sur ton cœur.

     

     

    **********************

       La voix

    La neige au loin couvre la terre nue ;
    Les bois déserts étendent vers la nue
    Leurs grands rameaux qui, noirs et séparés,
    D'aucune feuille encor ne sont parés ;
    La sève dort et le bourgeon sans force
    Est pour longtemps engourdi sous l'écorce ;
    L'ouragan souffle en proclamant l'hiver
    Qui vient glacer l'horizon découvert.
    Mais j'ai frémi sous d'invisibles flammes
    Voix du printemps qui remuez les âmes,
    Quand tout est froid et mort autour de nous,
    Voix du printemps, ô voix, d'où venez-vous ?...

    **********************

    Adieu à l'enfance

    Adieu mes jours enfants, paradis éphémère !
    Fleur que brûle déjà le regard du soleil,
    Source dormeuse où rit une douce chimère,
    Adieu ! L'aurore fuit. C'est l'instant du réveil !

    J'ai cherché vainement à retenir tes ailes
    Sur mon coeur qui battait, disant : " Voici le jour ! "
    J'ai cherché vainement parmi mes jeux fidèles
    A prolonger mon sort dans ton calme séjour ;

    L'heure est sonnée, adieu mon printemps, fleur sauvage ;
    Demain tant de bonheur sera le souvenir.
    Adieu ! Voici l'été ; je redoute l'orage ;
    Midi porte l'éclair, et midi va venir.

       Ondine VALMORE

    Peinture de Pierre-Auguste RENOIR 


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