• Nohad Salameh

    Nohad Salameh

     

    Née à Baalbek (Liban) en 1947, Nohad Salameh s'installe à Paris en 1989 après des débuts dans la presse littéraire. Son père, poète de langue arabe, lui a donné le goût des mots et des symboles. Son écriture "lyrique et dense" s'inscrit dans la lignée lumineuse de celle de Georges Schéhadé parmi les odeurs sensuelles et mystiques de l'Orient. Elle a reçu Le Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres à l'automne 2007 pour l'ensemble de son œuvre. 

     

    Au bruit du raisin qui meurt

     

    T'aimer encore une heure une seconde

    Au bruit du raisin qui meurt dans mon cri d'enfant

    T'aimer juste un instant - visage habillé de mes yeux

    Même si l'hiver givre mon ombre.

     

    Ton corps en moi : soleil dans le soleil

    Escorté de lanternes et d'arômes.

    J'ignore quelle main dessine sur la vitre la complicité des cigognes.

     

    T'aimer encore une heure deux heures

    Au râle de la cendre qui décuple mes pas.

    Qu'importe le temps qui nous reste

    T'aimer plus tard - source maintenue froide pour des étés sans moulins.

    T'aimer : parole le long de moi sur moi contre moi.

    T'aimer systématique rassemblé

    Avant que le ramier prête serment à la mémoire

    Et que mon sosie retrace la route à prendre par l'ange.

     

    In Chants de l'avant-songe, 1993

     


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