• Mélanie WALDOR

     

    Mélanie WALDOR  (1796-1871)

    Mélanie Waldor était déjà mariée à un capitaine d'infanterie et mère d'une fillette lorsqu'elle rencontra Alexandre Dumas qui l'aima avec passion pendant deux ans. Ce dernier tira de cet amour fougueux le sujet d'Anthony puis il disparut sans plus se soucier d'elle. Cette dernière, blessée à vif, lui pardonna cependant avec générosité. C'est chez son père, Guillaume de Villenave, érudit collectionneur de manuscrits et chez ses amis Nodier, que Mélanie Waldor prit goût à la littérature et aux arts. Elle y rencontrait régulièrement Dauzat, Janin, Hugo et Gavarni. De telles fréquentations avaient de quoi éveiller son besoin de rimer. Les paysages de Mélanie Waldor, empruntés à sa Normandie natale, sont souvent dépersonnalisés par des accessoires qui appartiennent au décor romantique : vieux remparts, tours enrobées de lierre, lacs et clairs de lune imprégnés de mystère. On y découvre pourtant de l'ombre, de la verdure et des murmures de sources dont la fraîcheur ne doit rien au patrimoine lamartinien. Les accents de sa poésie ne manquent ni d'attrait ni de distinction. 

     

    Glissez, glissez ma barque

     (Extrait)

    ... Glissez, glissez ma barque ! Il n'est plus un seul arbre

    Où sur la rive encor je vous veuille attacher !...

    Comme une froide cendre en son urne de marbre,

    Mon cœur s'est en mon sein flétri sans s'épancher...

    L'orage a déchiré le voile diaphane

    Sous lequel il battait ... De la fleur qui se fane

    Sous un souffle brûlant le destin est rempli !

    Glissez, glissez ma barque, et fuyez le rivage :

    Les flots sont un linceul bien moins froid que l'oubli ;

    Et là, du moins, le calme est au bout du voyage !

     

    Glissez, glissez, ma barque et n'appuyez jamais !

    Il est au fond de tout un abîme ou des larmes...

    Glissez, glissez, ma barque ! Oubliez les alarmes...

    Le courant vous entraîne et je veux désormais

    Qu'il m'emporte avec vous, loin, bien loin du rivage,

    Dût le soleil pour moi faire naître un beau jour !

    Car le soleil pâlit et, semblable à l'amour,

    Il enfante le trouble et le deuil et l'orage...

    Adieu, rêves du cœur, mon destin est rempli !

    Glissez, glissez ma barque, et fuyez le rivage :

    Les flots sont un linceul bien moins froid que l'oubli ;

    Et là, du moins, le calme est au bout du voyage !

     

    Glissez, glissez, ma barque

     Peinture de James Tissot (cliquez sur l'image pour l'agrandir)


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :