• L'esprit de solitude de Jacqueline Kelen (extrait)

    L'esprit de solitude de Jacqueline Kelen (extrait)

     

    « Dans la petite enfance, on est aimé et protégé bien plus qu’on aime. Le chemin de la maturité conduit à aimer bien plus que d’être aimé. À aimer « jusqu’à la déchirure, même trop, même mal », comme le chante Don Quichotte par la voix de Jacques Brel. Même sans rien recevoir en retour. Voilà pourquoi l’enfance ne suscite en moi nulle nostalgie : non que j’aie manqué d’affection, mais parce que, à l’image de tous les petits enfants, je recevais ou prenais bien plus que je ne donnais.

    Un individu ne devient intéressant qu’à partir du jour où il s’enquiert d’aimer bien plus que d’être apprécié, choyé ou courtisé. Cela peut advenir à n’importe quel âge, à la faveur d’une épreuve ou d’une illumination de conscience, ou bien jamais. La plupart des humains vivent et meurent « seuls », croient-ils, parce qu’en fait ils n’attendaient que d’être aimés.

    Celui qui aime n’est jamais seul. (…)

    La vie solitaire ressemble à un jardin fleuri : c’est un lieu d’affinités, mais on peut s’y promener seul et s’y sentir heureux sans être accompagné ».

     

    Extrait de L'esprit de solitude (Jacqueline Kelen)

     

    Peinture de Carina John William Godward


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