• Ce poétique Paris

    « Dans le jour gris de ce poétique Paris que j’adore, nous marchions côte à côte. Nous allions par les rues heureuses du Quartier Latin, la ligne tremblante des maisons coupaient le fond, le premier plan était tout à une orgie de couleurs. Les devantures avec leurs plaques vertes, rouges, jaunes, les bottes de fleurs sur les charrettes aux coins des rues, un chapeau de femme, une robe d’enfant, les roues oranges d’un fiacre. Le quai aux fleurs avec la Seine à nos pieds, cette Seine toujours en toilette bigarrée, noyant le trop cru de l’ornement dans le plombé de ses flots. Nous entrâmes dans Notre-Dame. Les doigts entrelacés, nous nous parlions et nos cœurs disaient s’aimer. Et le feu étincelant des vitraux me montait à la tête, me grisait d’une griserie d’artiste et de femme aimée et aimante. »

     Marianne Werefkin

    Lettres à un Inconnu - Deuxième cahier (1903-1904)


    Peinture : Georges Stein 


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