• Anne Hébert

    Anne Hébert

     Photo : Anne Hébert

     

    Femme émouvante et insaisissable, Anne Hébert n'a vécu que pour une seule et unique passion : la littérature. Au cours de quatre décennies de création, la poète et romancière québécoise s'est élevée au rang des plus grands écrivains de langue française avec des œuvres telles que Kamouraska et Les Fous de Bassan. Née au Québec le 1er août 1916, Anne Hébert publie dès 1939 ses premiers poèmes et, en 1942, son premier recueil de poésies Les Songes en équilibre. De 1950 à 1954, elle écrit des textes pour la radio de Radio-Canada (Québec) et travaille comme scénariste et rédactrice à l'Office national du film. De 1954 à 1957, elle séjourne à Paris. Elle partage ensuite son temps entre Montréal et Paris avant de s'installer en France en 1967. Anne Hébert revient vivre au Québec au printemps 1997. Elle y décède le 22 janvier 2000. De nombreuses récompenses littéraires lui ont été décernées pour son œuvre.

    "Le poète est au monde deux fois plutôt qu’une", écrit Anne Hébert, en 1984. "Une première fois il s’incarne fortement dans le monde, adhérant au monde le plus étroitement possible, par tous les pores de sa peau vivante. Une seconde fois il dit le monde qui est autour de lui et en lui et c’est une seconde vie aussi intense que la première."

    L'écriture d'Anne Hébert, d'un réalisme quelquefois brutal, se constitue à partir de trames symboliques où couleurs et sons se mêlent à l'immensité des espaces qu'elle décrit. Ses poèmes ont la puissance des songes.

     

     IL Y A CERTAINEMENT QUELQU' UN ...


    Il y a certainement quelqu'un
    Qui m'a tuée
    Puis s'en est allé
    Sur la pointe des pieds
    Sans rompre sa danse parfaite.
    A oublié de me coucher
    M'a laissée debout
    Toute liée
    Sur le chemin
    Le cœur dans son coffret ancien
    Les prunelles pareilles
    À leur plus pure image d'eau
    A oublié d'effacer la beauté du monde
    Autour de moi
    A oublié de fermer mes yeux avides
    Et permis leur passion perdue.

    In Le Tombeau des rois

     

    PRÉSENCE

    La Mort m’accompagne
    Comme une grande personne qui me tiendrait la main. 

    Même quand elle paraît séparée de moi,
    Je sais que je me meus dans son rayonnement. 

    Elle est debout dans une chambre secrète, 
    Au plus profond de mes songes. 

    Son visage est absent, 
    Sa main qui me touche 
    N’est ni décharnée, ni hideuse,
    Seulement un lien spirituel et majestueux. 

    Elle est voilée, 
    Comme un voile d’eau,
    Ni linge ni suaire. 

    Elle se tient
    comme dans une source,
    La plus profonde source
    Des plus profondes eaux.

    Elle ne m’épouvante pas,
    Parfois, je l’oublie ;
    Et tout d’un coup je la sens là,
    Ainsi qu’un enfant qui joue sur la grève
    Et qui subitement découvre
    La gravité de la mer.
     

    In Gants du Ciel

     

     Extrait du roman Les Fous de Bassan

     

    Le site officiel d'Anne Hébert : ici


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