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    Poetessa est un blog consacré à la poésie féminine. Pourquoi la poésie féminine me direz-vous ? Ce choix part du constat qu'il n'a jamais été fait beaucoup de place aux femmes poètes à travers  l'histoire. En remontant l'histoire de la poésie (soit environ dix siècles), on observe que les femmes, bien que minoritaires dans cet art, nous ont légué des œuvres qui sont loin d'être négligeables. Elles ont pourtant longtemps été considérées comme des écrivains mineurs et leurs œuvres sont restées méconnues. L'une des raisons pour lesquelles on connaît mal les poétesses tient certainement à leur faible nombre. Pendant très longtemps, écrire n'a guère été possible pour les femmes qui étaient presque exclusivement cantonnées aux activités domestiques. Ecrire s'est même souvent apparenté pour elles à une véritable course d'obstacles. En outre, beaucoup de femmes n'ont pas eu le souci de la renommée et n'ont pas  cherché pas à se faire connaître. Il est vrai que les flèches qui leur étaient décochées n'ont pas encouragé les poétesses à sortir de l'ombre. Barbey d'Aurevilly se moquait de "leur petit horizon d'idées" et de "leur génie sédentaire comme leurs personnes." Baudelaire n'était pas plus tendre déplorant chez celles qui écrivaient "ces ridicules masculins qui prennent dans la femme les proportions d'une monstruosité." Pour Petit de Juleville, "les femmes sont plutôt faites pour inspirer ou pour consoler les poètes que pour rivaliser avec eux." Le monde extérieur a longtemps échappé aux femmes, c'est pourquoi on retrouve souvent dans leurs poèmes des thèmes tels que la foi, l'angoisse devant la mort, le sentiment amoureux, l'amour maternel, l'amour sublimé, le merveilleux, le féerique, l'onirique puis au début du vingtième siècle, la passion de la nature. Les phénomènes sociaux et la politique, dont les responsabilités incombaient aux hommes, n'ont guère passionné les femmes poètes. La guerre leur a parfois inspiré de la haine et des sanglots. Mais elles se sont rarement insurgées contre ces  massacres qui leur ont ravi tant d'êtres chers. Quelques femmes poètes, toutefois, se sont rangées du côté des opprimés notamment Marceline Desbordes-Valmore et Louise Michel. Mais si nous avons autant ignoré les poétesses, n'est-ce  pas avant tout parce qu'elles sont des femmes ? Il nous suffit de feuilleter des anthologies de poésies pour constater qu'il est fait très peu de place aux femmes poètes. Louise Labé vaut pourtant bien l'un des poètes de la Pléiade. Marceline Desbordes-Valmore peut être rangée parmi les tout premiers romantiques. Quant à Colette, Cécile Sauvage, Sabine Sicaud, Marie Noël, elles ne font pas piètres figures à côté de leurs contemporains. Et que dire de toutes les autres  moins connues que ces dernières ? Régine Deforges, dans l'introduction de son ouvrage "Poèmes de femmes" écrit : " les femmes poètes ne sont pas seulement oubliées, méconnues : on les a tuées... Oui tuées ! Car l'ignorance que l'on a d'une œuvre la tue." 

    Dans Poetessa, j'ai réuni des poèmes de femmes d'expression française majoritairement ayant écrit entre le Moyen-Age et le début du vingtième siècle. Bien que les poèmes soient classés dans des rubriques correspondant à leur période de création, il n'y a pas d'ordre chronologique dans leur présentation à l'intérieur de ces rubriques.

    D'autres rubriques ont été ajoutées au fil du temps, poésie contemporaine et poésie personnelle notamment. 

     Claire Lise COUX 

     Anthologie de référence : "La poésie féminine" de Jeanine Moulin (Editions Seghers)