• Le jardin où personne ne prétend avoir raison

    « Dès qu’un jugement quelconque se glisse jusqu’à moi, je me sens expulsée de ma cellule bénie où le plus précieux m’a été rendu : une vie dont chaque seconde porte son entier mystère et son trésor d’enseignement.
    Cette vie que je ne m’étais jamais autorisée, où il n’est permis que de ne rien faire,  de ne rien attendre, de ne rien programmer, de ne rien juger, de ne rien vouloir… la liste pourrait se prolonger à l’infini, et serait de plus en plus magique.
    Ce lieu où tout cela advient me paraît si précieux que je dois en prendre passionnément soin. C’est le jardin où Dieu se promène chaque matin. Son jardin secret…
    Pour décrire ce jardin, il n’est que ce vers d’un jeune poète israélien :
     "Là où quelqu’un a eu raison, l’amandier ne fleurira pas l’an prochain."
    J’habite le jardin où personne ne prétend avoir raison et où les arbres plient sous le poids des fleurs. »

    Christiane Singer
    Derniers fragments d'un long voyage

     Merci à Lysa Dubord !


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  • C'est avec un immense bonheur que j'ai découvert la magnifique lecture de mes poèmes par Nicolas GRANIER, auteur-compositeur-interprète, que je remercie très chaleureusement.  

    Les gogyöshis sont extraits de mon recueil Lumières Vagabondes (2020) et les autres poèmes de mon ouvrage Le Parfum des Daphnés (2018).


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  •  

    Quel délice de suivre les pas de Patricia Houéfa GRANGE dans ce petit pays d’Asie qu’est la Malaisie !

     

    Ce recueil, qui mêle avec bonheur prose et poésie (pantouns), nous emmène au cœur de ce pays, un cœur vibrant, vivant, sonore.

     

    Couleurs, parfums, saveurs, bruits, tous nos sens sont sollicités dans un tourbillon permanent.

    L’utilisation çà et là de la langue malaise enrichit, en outre, ce carnet des sonorités propres à cette langue si particulière.

    Nous voyageons, de chapitre en chapitre, à travers les paysages, les sites, et dans le ventre profond des villes.

    Mais l’auteure nous emmène aussi au cœur d’elle-même en nous livrant ses ressentis, ses émotions, parfois même ses déceptions, et en évoquant ses rencontres amicales qu’on ressent très profondes à travers la chaleur des échanges,  le miracle des rires et  des cadeaux glissés dans son sac.

    C’est donc un carnet presque intime qu’a rédigé Patricia Houéfa GRANGE, ce qui le distingue des habituels carnets de voyage.

    L’écriture est d’une précision d’orfèvre et les pantouns ponctuent avec grâce la rivière des mots. Patricia Houéfa GRANGE nous prouve une fois de plus avec quel brio elle maîtrise l’art du pantoun.

      

     « Tapis de fleurs d’angsana

    offrandes jaunes vers les temples.

     L’encens s’élève vers Bouddha

     mille prières me contemplent. »

      

    « Forêt moussue, forêt primaire

     refuge des divinités.

     À hauteur de lichen et fougères

     habiter l’éternité. »

      

    « Forêt vierge des songes

     vole, vole, le bel oiseau frêle.

     Ne brise pas ce vrai mensonge

     où s’ébat mon âme-tourterelle. »

      

    « Dans le ciel, la pleine lune luit

    lucioles dans les branches.

     Selangor m’a éblouie

     ma nuit sera blanche. »

      

    J’ai refermé à regret ce carnet habité jusqu’à la dernière ligne. Très émouvante en effet la dernière promenade qui « met à l’envers » le cœur de l’auteure.

    « Dernière promenade. Essayer, essayer de ne pas y penser. Essayer de ne pas penser. Essayer de ne plus être que dans l’instant. Essayer, essayer, essayer… ».

     

     « Cette Malaisie lah ! »
    Préface de Georges Voisset
    Editions Gope, mars 2020

    En vente ici 

    L'ouvrage est superbement illustré par les délicats dessins au feutre de l'auteure.


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  • Un battement de paupières

    « Les autres mettent des semaines et des mois pour arriver à aimer. Moi, ce fut le temps d’un battement de paupières. Dites-moi fou, mais croyez-moi. Un battement de ses paupières, et elle me regarda sans me voir, et ce fut la gloire et le printemps et le soleil et la mer tiède et sa transparence près du rivage et ma jeunesse revenue, et le monde était né. »

    Albert Cohen
    Belle du Seigneur

    Peinture : Solly Smook Otjiwarongo


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  •  Les livres aimés

    « Ce sont les ombres claires, ce sont les livres aimés. Ils entrent dans nos vies avec le soir, avec la pluie, avec la violence de la pluie sur le sol de la chambre, par un volet mal tenu, par un carreau brisé, par l'irrépressible envie de mourir au sommet d'un amour, au secret d'une enfance. Les livres aimés nous enlèvent au plus loin de nous-même, dans l'imaginaire du bonheur, dans le grand vent des récits, ils disent : regarde comme tout est beau , les lumières de ce soir, on dirait de la soie, de la peau, touche. Les livres aimés sont des rayons de miel fauve, de miel brun. Leurs pages sont venues comme ça, d'un seul coup. C'est l'auteur, c'est personne. Les manches de chemise retroussées jusqu'aux coudes, il a plongé son bras dans la ruche éternelle. Avec cette délicatesse des rustres, des sauvages, il a ramené ça, l'auteur, personne : quelques herbes, quelques phrases, quelques astres. »

    Christian Bobin

    Lettres d'Or

    Peinture : Marie Laurencin


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